Assises Territoriales de la Mobilité dans l'Apprentissage
Les apprentis, aussi, peuvent bénéficier d'ERASMUS

Quel étudiant ne connaît pas le programme ERASMUS qui, depuis 30 ans, favorise la mobilité des jeunes Européens ? En revanche, parents, élèves et entreprises ne savent pas toujours que ce dispositif est également ouvert aux apprentis pour lesquels un séjour professionnel à l'étranger est une véritable plus-value qui accroît le potentiel d'embauche. L'objectif des Assises territoriales de la mobilité dans l'apprentissage, organisées les 30 & 31 mai à Rennes par l'agence française ERASMUS+, est de réunir quelque 100 acteurs concernés, formateurs, employeurs et post-apprentis, afin qu'un plus grand nombre de jeunes puissent bénéficier à l'avenir de cette mobilité internationale.

S. Thierry, S. Péron, A. Sauvanet, P. Pouliquen DR-CRB

En 2013, 15 Régions, dont la Bretagne, ont contribué à la réalisation d'une étude sur la mobilité européenne et la valorisation de l'apprentissage, commandée par l'agence ERASMUS+ auprès d'un millier d'apprentis de CAP et Bac pro déjà partis à l'étranger. Leurs témoignages sont venus conforter les retours, unanimes, des CFA Bretons : l'expérience, en tous points positive, permet l'acquisition de compétences et de nouvelles méthodes de travail dans un environnement professionnel différent. Au-delà, les jeunes progressent en langues, gagnent en confiance et maturité, s'ouvrent aux autres et au monde, renforcent les liens avec le groupe d'apprenants et leurs formateurs.

Erasmus+ mode d'emploi

  • Ouvert aux apprentis pendant ou après leur cursus
  • 33 pays européens impliqués dans le programme
  • Durée de la mobilité : de 2 semaines à 12 mois
  • Le montant de la bourse varie selon les destinations (ex : 15 jours de stage en Allemagne : 606 €)
  • En savoir plus sur www.generation-erasmus.fr ou www.apprentieneurope.fr

Comment mieux organiser ces mobilités et les développer ?

Si les effets positifs en termes d'acquisition de compétences professionnelles et transversales sont évidents, ce n'est pas pour autant qu'il est aisé d'organiser ces mobilités. « D'où l'idée de l'agence  ERASMUS+ de planifier une rencontre chaque année en région au cours de laquelle les formateurs, maîtres d'apprentissage, personnels des CFA, mais aussi des jeunes ayant bénéficié de ces mobilités, puissent échanger », explique Sébastien Thierry, son Directeur adjoint.

Ces Assises ont d'abord eu lieu à Paris, début 2014, puis à Nantes, en février 2015. Une organisation tournante qui permet à l'agence ERASMUS+ de poursuivre et d'approfondir sa coopération avec les Régions. « En Bretagne, nous avons renforcé nos dispositifs d'aide à la mobilité des apprentis à l'international, souligne Pierre Pouliquen, Vice-président du Conseil régional à la Jeunesse, mais nous pouvons aller plus loin en mobilisant davantage encore les équipes des CFA, les organisations professionnelles, pour qu'elles jouent collectif et mutualisent leurs initiatives

En Bretagne, un environnement favorable et plus de 10 % des apprentis ERASMUS+

Aide à la recherche de partenariats à l'étranger (centres de formation et entreprises d'accueil) , formation de référents mobilité, soutien administratif... Les Régions, organisations professionnelles et CFA ont tout intérêt à s'appuyer sur des dispositifs d'envergure comme ERASMUS+.
En Bretagne, l'environnement est particulièrement favorable à ces mobilités : plus de 10 % des apprentis français bénéficiaires du programme européen sont bretons (553 apprentis et accompagnateurs en 2015).

Les 30 et 31 mai, des jeunes témoigneront aussi de leur expériences, notamment Aubin Sauvanet et Sulivan Péron, ex-apprentis à l'IFAC de Brest, qui après leur Bac pro charcutier-boucher-traiteur, ont travaillé six mois au marché central de Florence (Italie), via ERASMUS+. Ils ont désormais en projet d'ouvrir dans quelques années une boucherie franco-italienne quelque part en Bretagne.
Parallèlement, la Faculté des métiers de Rennes accueillaient 8 apprentis allemands de Munich, pour un stage de 15 jours en maintenance automobile dans des garages de Rennes et des environs.

L'exemple de la Bretagne

  • L'action volontariste de la Région
    Indépendamment d'ERASMUS+, la collectivité a renforcé en 2014 son soutien financier à la mobilité collective des apprentis en CAP ou Bac pro, à condition que ces séjours aient un objectif professionnel (40 €/jour/apprenti, plafonné à 400 €).
    Chaque année, la collectivité consacre 350 000 € à ce dispositif qui permet à quelque 900 jeunes de partir, soit 5 % des apprentis bretons.
    Pour les apprentis du supérieur, il existe une bourse « Jeunes à l'international » de 150 €/ mois pour des stages professionnels individuels à l'étranger.
    Une vingtaine de CFA s'impliquent dans cette démarche à l'international, soit la moitié des centres de formation.
  • La mobilisation des têtes de réseaux
    La CCI-Bretagne relaie très fortement le projet ERASMUS+ de CCI-France intitulé «MOVIL'APP », sachant que 2/3 des bourses nationales sont mobilisées par des apprentis bretons et ligériens. Et en Bretagne, ce groupement associe aussi les Chambres de Métiers et d'Artisanat, le CFA de la ville de Lorient...
    Les compagnons du devoir et le CCCA-BTP animent également des projets similaires au niveau national, déclinés par la suite en région. En Bretagne, les projets des Maisons Familiales Rurales et de leur fédération régionale (FRMFR) et des Établissements Publics Agricoles (CREPA) bénéficient également à nombre d'apprentis.