« Nous avons souhaité montrer à quel point cette culture maritime est vivante en Bretagne »

Au sein du CESER, Jean KERHOAS représente l’association Nautisme en Bretagne, qui œuvre pour le développement et la promotion des activités nautiques et de bord de mer sur le littoral, les canaux et les plans d’eau intérieurs. Il participe aux travaux de la commission « Aménagement des territoires et Mobilités » ainsi que de la section Mer-Littoral. Il est co-rapporteur, avec Suzanne NOËL, de l’étude « Fondations et expressions de la culture maritime en Bretagne – un fil bleu du développement régional » (juin 2021). 

Pourquoi avoir choisi de travailler sur la culture maritime en Bretagne ?

La section Mer-Littoral du CESER de Bretagne existe depuis les années 1990 et s’est donnée pour mission de faire reconnaître la maritimité comme une dimension essentielle du développement de la Bretagne. Après les études que nous avons publiées sur la richesse des écosystèmes marins et côtiers et sur l’économie maritime notamment, il nous est apparu nécessaire de mieux appréhender la dimension culturelle et sociale du rapport à la mer. Nous avons voulu interroger ce qu’était la culture maritime en Bretagne, aujourd’hui.

Vous parlez d’un fil bleu, pouvez-vous préciser cette notion ?

Quand on évoque le lien entre la Bretagne et la mer, il y a une part d’évidence : c’est une région-péninsule, à l’extrême ouest de l’Europe, qui revendique ses 2 700 kilomètres de côtes, tous ses habitants sont à moins de 100 km de la mer… De nombreux pans de la culture maritime sont ainsi inscrits dans l’imaginaire collectif : on connaît tous les phares, les paysages de tempête, la pêche à pied sur l’estran…

Mais il existe aussi des marqueurs plus confidentiels de cette relation avec la mer, qui éclairent d’ailleurs certaines réalités contemporaines. Nombre de nos villes sont « nées » de la mer et de ses activités, se sont développées avec elles. Quand on commence à dérouler le « fil », on s’aperçoit que la culture maritime est partout, ou presque ! Nous avons souhaité lever le voile sur toutes ses ramifications, conscientes ou inconscientes, et montrer à quel point cette culture maritime est vivante en Bretagne : dans notre patrimoine naturel, dans notre patrimoine bâti et architectural, dans la spécificité de nos métiers, dans nos pratiques sportives et récréatives, dans les créations artistiques, littéraires ou audiovisuelles, dans la gastronomie…

En bref, cette culture maritime soutient le développement économique, social et environnemental de notre région. Par son effet d’entraînement et les valeurs de solidarité et de coopération qu’elle porte, elle constitue un véritable levier de progrès social, économique et environnemental pour la Bretagne.

Si vous deviez n’en choisir qu’une, quelle préconisation souhaiteriez-vous partager aux nouveaux élus bretons, régionaux et départementaux ?

Investir dans l’éducation à la maritimité ! C’est le meilleur chemin pour susciter l’envie de connaître la mer et de créer avec elle, pour donner envie aux gens de s’y intéresser et de s’y investir. Car la mer est un milieu très attractif, mais qui peut aussi être dangereux et inaccessible pour certains.

La culture maritime, c’est avant tout une affaire d’expériences, c’est pourquoi nous appelons au renforcement et à la constance des efforts en faveur de l’éducation à la maritimité, des plus jeunes comme des moins jeunes. Nous invitons donc ces élu·es, dans le cadre de leurs mandats respectifs, à s’atteler à la construction d’un plan ambitieux pour développer cette éducation à la maritimité, qui favorise les expériences sensorielles de toutes sortes et invite à appréhender la mer comme un milieu naturel soumis à des risques particuliers, mais aussi comme le support d’activités nombreuses.

En conclusion donc, la Bretagne, c’est la mer ?

Oui sans hésiter ! Au cours de l’histoire, la Bretagne a tiré sa prospérité de la mer et celle-ci est encore évidemment au cœur de son attractivité. C’est une singularité que nous devons cultiver, un fil bleu à tisser collectivement ! En tant que représentant des acteurs du nautisme, je suis convaincu que la mer peut aussi, plus largement, être une formidable école du faire et vivre ensemble, et cela me paraît être une opportunité à saisir dans le contexte de transitions que nous vivons actuellement.